Les femmes se mobilisent
contre le cancer du sein

Télécharger ou imprimer
La vie après le cancer du sein - Angoisse, tristesse et dépression

Natacha Espié

Les Nouvelles d'EDFF Bullletin n° 17

Psychologe- Psychanaliste

Novembre 2009


Angoisse, tristesse et dépression

Laisser place aux émotions et réactions, distinguer le normal du pathologique.

D’une femme atteinte d’un cancer du sein, la société, son entourage, ses proches attendent qu’elle soit choquée, horrifiée par l’annonce du diagnostic. Devant les traitements, elle doit être angoissée, puis déprimée. Mais on attend aussi qu’elle se batte.

Avoir un cancer, ce n’est pas entrer dans des schémas pré-établis. Nous sommes tous différents, avec nos propres repères psychiques élaborés tout au long de notre vie. Chaque patiente devra trouver les moyens psychologiques de suivre ce parcours difficile. Parfois, elle sera envahie par l’angoisse, parfois elle vacillera sous le poids de la tristesse, de la dépression.

Il peut-être important de laisser place à ces émotions et affects. L’angoisse face au cancer constitue une réaction adaptée.

S’il est nécessaire, primordial, de répondre à sa demande chaque fois qu’une patiente exprime le désir, le besoin, de voir un psy, on peut s’interroger – sans se situer nullement dans la glorification de la souffrance - sur le recours systématique au psy pour éradiquer les affects des patientes, au psy antalgique intervenant à tout va. La question est de distinguer le normal du pathologique. L’angoisse ne devient un symptôme que lorsqu’elle est répétitive, excessive.

La dépression - au sens pathologique d’un terme qui a aujourd’hui perdu sa spécificité psychiatrique et désigne des états divers - n’est pas toujours au rendez-vous. L’expérience douloureuse de la dépression est très irrégulièrement partagée. Parfois, elle est là, et bien là - et il s’agit alors de ne pas la manquer parce que la dépression peut s’avancer masquée - avec son cortège de symptômes lourds et envahissants. Elle nécessite alors l’intervention du psy et la mise en place d’une aide médicamenteuse. Parfois, chez certaines, la survenue d’une maladie somatique peut non pas déclencher une réaction dépressive, mais provoquer un sentiment s’apparentant à un soulagement. Cette catastrophe que l’on redoutait depuis toujours est là, et bien là, et si l’ennemi est connu, ce peut être plus facile.

Angoisse et tristesse, certainement ! Dépression, peut-être parfois. Mais rarement là où on l’attend et presque jamais au moment où on l’attend. Ce que l’on peut prévoir, en revanche, c’est, qu’après ces temps sombres, viendra le moment d’un nouvel investissement objectal et que, si le cancer provoque une véritable révolution personnelle chez la patiente, le processus qu’Andrée Lehman qualifie de « restitution de soi » peut être relancé.

Soudain, la femme émerge d’elle-même, regarde les choses autrement. Une reconstruction tant physique que psychique s’élabore. Parfois, paradoxalement, la maladie rétablit aussi l’urgence de vivre, le besoin de retrouver les projets enterrés, de donner vie aux rêves oubliés, l’urgence d’accomplir

Mise à jour : 19/04/10

Europa Donna Forum France
14, rue Corvisart - 75013 - Paris
Permanence téléphonique au : 01 44 30 07 66
du lundi au vendredi de 8h à 20h
Copyright © 2008
Mentions légales

Ecrivez-nous :