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Cancer du sein et onco-esthétique

Etre soignée pour un cancer du sein et rester belle ne sont plus des notions antinomiques. Se sentir bien dans sa peau participe aussi de la réussite du traitement.
L'onco-esthétique, une discipline issue de l'esthétique, est pratiquée dans de nombreux établissements hospitaliers et centres de lutte contre le cancer, pour redonner confiance aux femmes, les aider à se sentir mieux dans leur peau. Soins esthétiques, cours de maquillage, aide au choix de prothèse, relaxation, arts martiaux, sophrologie, tous ces soins sont, de l'avis de celles qui en bénéficient, "bons pour le moral".

Les antitranspirants

Introduction

L’utilisation d’antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein.

Un groupe d’experts présente les conclusions de son étude de l’ensemble des données de la littérature scientifique.

Rumeurs et méconnaissances des risques

Des rumeurs alimentées par la peur du cancer du sein et une méconnaissance des risques.

Touchant près d’une femme sur 10 en France, le cancer du sein est le plus fréquent et la première cause de mortalité par cancer chez la femme. La peur suscitée par ce cancer dans le Grand Public et la méconnaissance des vrais facteurs de risque ont favorisé le développement de nombreuses rumeurs sur les causes possibles de cette pathologie.

L’une de ces rumeurs récurrentes, colportée initialement sur Internet, relayée par les médias et par certains articles publiés dans des revues scientifiques, émet l’hypothèse d’un lien entre l’utilisation des déodorants / antitranspirants et la survenue de cancers du sein.

Les données scientifiques disponibles

Un Groupe d’experts analyse les données scientifiques disponibles.

Afin d’apporter aux médecins, aux patientes et au Grand Public, une information juste, un Groupe de réflexion en cancérologie[1], constitué d’experts de renommées nationale et internationale, a réalisé une analyse de l’ensemble de la littérature scientifique portant sur la question. Après 6 mois de travail, le Groupe d’experts a émis ses premières conclusions, à savoir qu’aucune étude évoquant le risque n’est valable méthodologiquement parlant.

Aucune preuve scientifique ne vient donc étayer la rumeur. De plus, la seule étude rigoureuse, publiée dans le « Journal of the National Cancer Institute »[2], ne montre aucun lien entre le cancer du sein et l’utilisation d’antitranspirants ou le rasage des aisselles.

Une hypothèse sans fondement

Antitranspirants et risque de cancer du sein : une hypothèse sans fondement scientifique

Selon les experts du Groupe de réflexion, l’hypothèse même d’un lien de causalité entre le développement de cancers du sein chez de nombreuses femmes et la présence de sels d’aluminium dans les antitranspirants qu’elles utilisent, est une hypothèse sans fondement, qui ne satisfait aucun des critères[3] permettant d’établir scientifiquement un lien de causalité entre un éventuel facteur de risque et une pathologie.

Il n’existe, par conséquent, aucun lien avéré entre l’utilisation d’antitranspirants et le cancer du sein ; il ne subsiste pas même d’hypothèse de recherche valable sur le plan scientifique.


Ces conclusions concordent avec celles de la communauté oncologique internationale[4] et des autorités de santé française (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé)[5] et américaine (Food and Drug Administration)[6] qui ont également réalisé une expertise approfondie de l’ensemble des données scientifiques disponibles et pris position en faveur de l’innocuité des antitranspirants contenant des sels d’aluminium.

Une prise de position unanime

Une prise de position unanime en faveur de la prévention et du dépistage.

Le développement de rumeurs, comme celle incriminant les antitranspirants, est favorisé par la méconnaissance des femmes quant aux vrais facteurs de risque : ces rumeurs et cette méconnaissance ont pour effet délétère de les détourner des attitudes de prévention face à ces facteurs avérés, qui doublent – voire quadruplent – le risque de cancer du sein, tels que les antécédents familiaux, une prédisposition génétique ou encore l’âge de la première grossesse.

Il est donc fondamental de sensibiliser les femmes sur l’importance de la prévention et l’intérêt du dépistage : les médecins, les patientes, les proches, les journalistes… tous ont leur rôle à jouer pour relayer les campagnes d’information mises en place par les autorités, les institutions et les associations de patients, afin de combattre efficacement ce véritable problème de Santé Publique.

Notes

[1] Groupe de réflexion « Cancer du sein et facteurs de risque (déodorants / antitranspirants) » présidé par le Pr Moïse Namer, Nice.
[2] Mirick DK, Davis S, Thomas DB. Antiperspirant use and the risk of breast cancer. J Natl Cancer Inst 2002 Oct 16; 94(20): 1578-80
[3] Cf. les 9 critères de Bradford Hill: Doll R. Sir Austin Bradford Hill and the progress of medical science. BMJ 1992 Dec 19-26;305(6868):1521-6 ; Hill BA. The environment and disease: association or causation? Proc R Soc Med 1965 May; 58: 295-300; Susser M. Judgement and causal inference: criteria in epidemiologic studies. Am J Epidemiol 1977 Jan; 105(1): 1-15
[4] National Cancer Institute (NCI) aux Etats-Unis :
http://www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/Risk/AP-Deo#q2
[5] Commission de cosmétologie de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, Bulletin Vigilances n°31 : Télécharger le rapport de l'ANSM

Pour en savoir plus

Institut National du Cancer : www.e-cancer.fr
National Cancer Institute (NCI) aux Etats-Unis : http://www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/Risk/AP-Deo#q2
Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé : ANSM
National Cancer Institute (NCI) aux Etats-Unis : http://www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/Risk/AP-Deo#q2