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Pour les femmes de plus de 50 ans ou les femmes ménopausées

Pour les femmes de plus de 50 ans ou les femmes ménopausées, le médecin propose souvent une chimiothérapie lorsque le cancer a atteint les ganglions axillaires ou qu’il présente d’autres facteurs qui augmentent le risque de récidive (c’est une option).
Par ailleurs, pour ces patientes, le médecin propose très fréquemment une hormonothérapie.
Le médecin propose le traitement le plus adapté à la situation de la patiente. Il lui explique les avantages et les inconvénients du ou des traitements proposés.

Existe-t-il différents types de médicaments de chimiothérapie ?

Les médicaments de chimiothérapie sont nombreux. Les essais thérapeutiques ont montré que l’association de plusieurs médicaments de chimiothérapie (appelée polychimiothérapie) était plus efficace qu’un seul médicament de chimiothérapie (on parle alors de monochimiothérapie).Pour cette raison, plusieurs médicaments de chimiothérapie sont le plus souvent associés entre eux.
Ces associations de médicaments anticancéreux s’appellent des protocoles de chimiothérapie.
Selon les protocoles, deux ou trois médicaments sont associés sur une période de plusieurs mois.
Les médicaments les plus fréquemment utilisés sont :
  • la doxorubicine (appelée aussi Adriamycine® ou Adriblastine®) et l’épirubicine (appelée aussi Farmorubicine®) Ces molécules sont, avec les taxanes, les médicaments de référence pour le traitement du cancer du sein
  • les taxanes (docétaxel = Taxotère®, paclitaxel = Taxol®)
  • le cyclophosphamide (appelé aussi Endoxan®)
  • le fluoro-uracile (appelé aussi 5-FU)
  • le méthotrexate
    Les protocoles de chimiothérapie varient en fonction du stade de la tumeur (si les ganglions sont envahis ou non) et de la présence de récepteurs à la surface des cellules de la tumeur.
  • Les protocoles les plus souvent utilisés

    1 - Les protocoles dits FAC ou FEC.
    Ils associent le 5-FU (F), le cyclophosphamide (C) et la doxorubicine : FAC ou l’épirubicine (E) : FEC.
    Ce traitement consiste en une cure de chimiothérapie toutes les trois semaines, en général six fois de suite. Chaque cure correspond à une séance de perfusion.
    Chaque séance est suivie de trois semaines de repos avant la séance suivante.

    2 - Le protocole dit AC.
    Il associe la doxorubicine (A) et le cyclophosphamide (C) : AC. Ce traitement consiste en une cure de chimiothérapie toutes les trois semaines et ce, quatre fois de suite.
    Chaque cure correspond à une séance de perfusion. Chaque séance est suivie de trois semaines de repos avant la séance suivante.

    3 - Le protocole FEC 100 - Taxotère®.
    Il associe le 5-FU (F), l’épirubicine (E) et le cyclophosphamide (C) : FEC.
    Ce traitement consiste en une cure de chimiothérapie toutes les trois semaines, soit 3 FEC 100, suivie de 3 Taxotère®. Chaque cure correspond à une séance de perfusion. Chaque séance est suivie de trois semaines de repos avant la séance suivante.

    4 - Le protocole dit TAC.
    Il associe le Taxotère® (T), la doxorubicine (A) et le cyclophosphamide (C): TAC.
    Ce traitement consiste en une cure de chimiothérapie toutes les trois semaines, six fois de suite.Chaque cure correspond à une séance de perfusion.
    Chaque séance est suivie de trois semaines de repos avant la séance suivante.

    5 - Le protocole AC -Taxol®.
    Il associe la doxorubicine (A), le cyclophosphamide (C): AC et le Taxol®. Ce traitement consiste en une cure de chimiothérapie toutes les trois semaines soit 4 AC, suivie de 4 Taxol®.Chaque cure correspond à une séance de perfusion. Chaque séance est suivie de trois semaines de repos avant la séance suivante.

    6 - Le protocole dit CMF.
    Il associe le cyclophosphamide (C), le méthotrexate (M) et le 5-FU (F): CMF. Ce traitement consiste en six cures de chimiothérapie.
    Chaque cure correspond à deux séances de perfusion espacées d’une semaine. Elles sont suivies de trois semaines de repos durant lesquelles des comprimés sont à prendre à domicile avant la cure suivante.
    Ce protocole varie parfois légèrement.
    Dans un souci de qualité de soins, l’équipe médicale choisit un protocole parmi ceux qui ont démontré leur efficacité.
    Le médecin explique à la patiente ses avantages et ses inconvénients. Chaque cancer est particulier et nécessite une chimiothérapie appropriée.

    Les anticorps monoclonaux
    Les anticorps sont des protéines produites par les lymphocytes, cellules du système immunitaire qui protègent l’organisme contre les infections.
    Le rôle des anticorps est de neutraliser certaines substances chimiques, les antigènes, qu’ils reconnaissent comme n’appartenant pas à l’individu. Les anticorps sont importants pour lutter contre les infections et les cancers.
    Certains anticorps, appelés anticorps monoclonaux, peuvent être produits en laboratoire. Un quart des tumeurs du sein possèdent à la surface de leurs cellules un grand nombre de protéines particulières appelées HER2 ou c-erb B2. On dit que ces cellules surexpriment cette protéine (on parle aussi de surexpression ou d’amplification).
    HER2 est un facteur de croissance qui stimule la production de cellules cancéreuses. Des études ont montré qu’un anticorps monoclonal, appelé trastuzumab empêche cette protéine d’agir en bloquant son récepteur. La production des cellules cancéreuses est alors stoppée.
    Il est donc proposé comme traitement adjuvant chez des patientes atteintes d’un cancer du sein dont la tumeur possède beaucoup de protéines HER2.
    Ce traitement réduit de 50 % environ le risque de récidive dans les premières années.

    Le traitement par trastuzumab

    Quand le propose-t-on ?
    Un traitement par trastuzumab est actuellement proposé à des patientes opérées d’un cancer du sein infiltrant avec une surexpression ou une amplification de HER2 et pour lesquelles une chimiothérapie adjuvante est nécessaire. C’est l’examen anatomopathologique qui détermine si les cellules cancéreuses présentent une surexpression ou une amplification de HER2. Cette recherche est effectuée le plus tôt possible.
    Seule une patiente qui présente une surexpression ou une amplification de HER2 peut bénéficier du trastuzumab.

    Quand l'administre-t-on et pendant combien de temps ?
    Le trastuzumab est administré après une radiothérapie ou une chimiothérapie adjuvantes.
    Cette chimiothérapie doit s’être conformée aux standards : au moins quatre cycles de traitement composé d’une anthracycline associée ou non à un taxane.
    Le trastuzumab doit être prescrit par un médecin qui a une bonne expérience des traitements anticancéreux.
    La durée du traitement par trastuzumab est en général de 52 semaines. Il peut être interrompu en cas de récidive du cancer du sein.

    Quel est son mode d’administration et la dose utilisée ?
    Le trastuzumab est administré à l’aide d’une perfusion dans une veine ou dans un site implantable.
    En fonction des doses administrées, le rythme varie d’une perfusion par semaine à une toutes les trois semaines. La première dose perfusée est plus importante que les autres, elle est administrée en 90 minutes. Si la patiente la tolère bien, les suivantes peuvent être perfusées en 30 minutes. Les patientes sont surveillées pendant 6 heures au moins après le début de la première perfusion et 2 heures après le début des perfusions suivantes.
    Pendant la perfusion, des effets secondaires tels que de la fièvre et des frissons peuvent apparaître. Dans ce cas, la perfusion est interrompue afin de traiter ces symptômes. La perfusion reprend après leur disparition.

    Quels sont les effets secondaires du trastuzumab ?
    Le trastuzumab est parfois responsable de troubles cardiaques. Afin de les prévenir, la patiente est surveillée régulièrement.
    Un cardiologue réalise des examens de sa fonction cardiaque tous les 3 mois. Ces examens commencent pendant le traitement, puis sont réalisés régulièrement après le traitement.
    « Les examens de surveillance cardiaque m’ont rassurée »
    Ces troubles cardiaques disparaissent à l’arrêt du traitement.

    Quelles sont les contre-indications au trastuzumab ?
    Les patientes qui présentent les caractéristiques suivantes ne doivent pas être traitées par trastuzumab :

    • une hypersensibilité connue au trastuzumab, à certaines protéines (les protéines murines) ou à l’un des constituants du trastuzumab ;
    • des difficultés importantes à respirer au repos ;
    • une grossesse ou un allaitement ;en l’absence de grossesse, une contraception est obligatoire pendant toute la durée du traitement ;
    • une intolérance au médicament: problèmes respiratoires, cutanés ou d’ordre plus général. En cas de doute, le traitement est suspendu. S’il reprend, la patiente est soigneusement surveillée ;
    • si elle présente une nouvelle intolérance au traitement, il est arrêté définitivement ;
    • si la patiente est déjà en cours de traitement avec des anthracyclines ;
    • si elle présente des problèmes cardiaques: insuffisance cardiaque, troubles du rythme, etc. Avant de commencer le traitement, le médecin s’assure que la patiente ne présente pas de risque de développer une insuffisance cardiaque. Une surveillance régulière par échocardiographie sera mise en place pendant la durée du traitement ;
    • si la patiente bénéficie d’une hormonothérapie adjuvante uniquement, sans avoir eu de chimiothérapie (sauf en cas de participation à un essai thérapeutique) ;
    • si la patiente est en train d’être traitée par radiothérapie.
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