Le mot de la Présidente Natacha Espié

Nous souhaitions vous informer de la décision prise par l’INCa et l’ANSM, émise à titre de précaution en février 2017, de lever la recommandation d’éviter temporairement l’utilisation de docétaxel dans les cancers du sein infiltrant non métastatiques.
Cette décision est prise en concertation avec les professionnels de santé (oncologues, médecins, pharmaciens). Elle fait suite à l’ensemble des investigations menées au niveau européen, après la survenue de cas d’entérocolites d’issue fatale chez des patientes atteintes d’un cancer du sein traitées par docetaxel, qui ne montrent pas d’augmentation de la fréquence des effets indésirables graves et des décès liés à cette molécule.

Ces produits occupent une place importante dans le traitement de certains cancers, ou il n’y parfois pas d’alternative, aussi les centres vont donc progressivement reprendre l’utilisation de ces produits qui restent des produits majeurs dans la prise en charge du cancer du sein.

Cependant, l’INCa et l’ANSM sensibilisent les professionnels de santé et les patients sur la gestion des risques d’effets secondaires déjà bien connus : neutropénie, entérocolite, neuropathies et réaction d’hypersensibilité. Les patients doivent être informés et strictement surveillés particulièrement pendant la première et la seconde perfusion et doivent signaler rapidement tout effet secondaire de ce type à leur centre de cancérologie
En tant qu’Association de patients nous insistons sur la surveillance et la nécessité d’échanger avec l’équipe soignantes sur tout effet secondaire, qui aurait tendance à surgir ou à s’accentuer au cours du traitement.

Europa Donna, quelle position face aux nouvelles mesures sur dépistage du cancer du sein 25/04/2017

Comment ne pas aborder le plan d’action du ministère de la santé qui préconise le maintien du dépistage organisé ? A première vue, il est clair que nous devrions nous réjouir car c’est ce que nous souhaitions.
Il nous semble intéressant que le dépistage du cancer du sein s’inscrive dans un calendrier plus général des dépistages précoces des cancers et dans une approche d’amélioration de la qualité de ces dépistages.
Cependant, le diable se cache souvent dans les détails …. et pour Europa Donna, en tant qu’association de patientes, il nous appartient de regarder avec recul ce plan.
Nous sommes obligées de souligner qu’il présente de nombreuses incertitudes qui nous inquiètent et nous nous devons de rester particulièrement vigilantes avant de nous réjouir.
En effet :
- Où se situe l’implication exacte du gynécologue dans ce plan ? qu’est-il prévu pour la formation des médecins généralistes concernant la mise en place des consultations à 25 ans et à 50 ans ? qu’en est-il des consultations d’oncogénétique pour les femmes à risques, qu’il s'agit non seulement de ne pas les oublier mais de réfléchir aux améliorations possibles ? Où seront déployées les « mammobiles » et avec quelle assurance de qualité ? Comment évaluer les taux de participation ? comment vont-être colligées les entrées dans le dépistage organisé et individuel, qui va les exploiter ?
Et enfin l’aspect financier étant une question majeure, la prise en charge à 100 % de l’échographie par les mutuelles ne peut-elle pas être un problème pour un certain nombre de patientes ?
Nous souhaitions vous faire partager les questionnements que nous posent ce plan, nous allons prendre contact avec l’INCa afin de trouver réponses à ces questions.
Nous vous rappelons à toutes que le programme actuel invite les femmes de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie tous les deux ans.
Un cancer du sein dépisté tôt est un cancer qui se soigne mieux, on ne le redira jamais assez.
C’est là tout l’enjeu du dépistage : favoriser la guérison, tout en assurant un traitement moins lourd, moins long, moins douloureux.
Alors faites-vous dépister !

Soyez assurées qu’Europa Donna reste très mobilisée sur ce sujet et continuera d’être toujours vigilante
Natacha Espié - Présidente

information à propos du docetaxel 08/03/2017

A la suite des parutions relatives aux accidents survenus en raison de l'administration d'une version générique du docetaxel à 6 patientes, Europa Donna, après avoir consulté les oncologues de son conseil scientifique, apporte l'information suivante :
Le Docetaxel est le principe actif du Taxotere, molécule commercialisée depuis plus de 20 ans, génériquée aujourd’hui, autorisée dans le traitement du cancer du sein mais aussi pour de nombreux autres cancers (poumon , prostate, cancer gastrique .. etc )
Dans l’indication « cancer du sein », il est utilisé seul ou en association avec d‘autres produits de chimiothérapie.
Cette molécule, très efficace est utilisée à un stade précoce des cancers, notamment pour celui du sein chez la femme, après une intervention chirurgicale.
Il s’agit d’un traitement dit adjuvant (ou de sécurité), qui complète la thérapie principale pour prévenir un risque de récidive locale ou de métastases.
Actuellement, c‘est surtout le générique du Taxotere (copie du produit d‘origine ) qui est administré, soit le Docetaxel.
Depuis quelques temps des médecins se sont interrogés sur une toxicité augmentée du Docetaxel et l’ont signalé aux autorités de santé.
6 cas de décès au moins ont été rapportés à l’agence du médicament qui a écrit hier un communiqué sur le sujet.
Immédiatement, la qualité des lots du produit a été contrôlée et les lots sont conformes.
L’enquête de pharmacovigilance, c’est-à-dire l’évaluation des cas en relation avec le produit, est en cours.
Pour les patientes traitées par le Docétaxel, il est très important qu'elles restent vigilantes vis-à-vis des effets secondaires et qu'elles signalent rapidement tout signe : diarrhée, fièvre, à leur médecin ou qu'elles se rendent aux urgences en cas d’inquiétude.
L’approche des oncologues de notre conseil scientifique est de ne pas administrer le produit à des patientes plus fragilisées (personnes âgées ou ayant eu beaucoup de traitements)
Un autre produit (Taxol dont le nom générique est le Paclitaxel) est disponible. Il est cependant plus compliqué d‘administration.

Le colloque 2016, des mots et des voix... 20/12/2016

Notre colloque du 7 novembre 2016, « Mon cancer du sein, pourquoi moi ? » reprend les préoccupations des patientes qui dès l'annonce s'interrogent, pourquoi moi ? Car même si nous savons que le cancer est une maladie multifactorielle, peut être existe-t-il des causes qui augmenteraient les risques même s'il subsiste aujourd'hui des incertitudes quant à l'importance et au poids de ces facteurs. Les participants à notre Colloque ont souhaité partager avec tous ceux et celles qui ne pouvaient être avec nous ; aussi en attendant la parution de notre nouveau bulletin courant janvier 2017, reprenant l’ensemble des interventions, nous vous proposons d’écouter chaque semaine une intervention.

Le Colloque 2016, des mots et des voix

Introduction par Natacha Espié Présidente
Intervention Natacha Espié
Hélène Jacques
Loi de santé publique : quel impact pour les patientes ?
Hélène Jaques, Directrice de la Lligue contre le Cancer
Hélène Jacques
Avant la promulgation de cette loi en janvier 2016, La France était très en retard dans l'exploitation des données numériques de santé, contrairement à de nombreux autres pays tels que la Scandinavie et le Canada. Hélène Jacques s’est attachée à nous présenter l’évolution indéniable que représente cette loi, sans omettre de souligner les craintes de mésusages et donc appel à la vigilance. « Il faut permettre l'utilisation des données pour le bénéfice de tous sans mettre en danger le droit de chacun à la protection de sa vie privée ».
Jean-Yves Seror
Le dépistage des cancers du sein : décider pour soi en connaissance de soi
Des éléments de réponse aux controverses récurrentes
Suis-je concernée par le dépistage du cancer du sein ? Quels en sont ses enjeux, ses modalités de prise en charge, ses bénéfices et ses risques ? Quel est l’avenir du dépistage ? Autant de questions auxquelles le Dr Jean Yves Seror, radiologue au centre Duroc à Paris s’est exposé.
Ecouter son intervention
Nicolas Sevenet
Mes gènes, ma tumeur et moi ?
La tumeur, une maladie des gènes ? Dr Nicolas Sevenet, oncogénéticiel à l’Institut Bergonié de Bordeaux.
La connaissance des anomalies génétiques impliquées dans un type de cancer permet de prévenir, de dépister dans le cas d’anomalies génétiques familiales, les sujets à risque et de comprendre les processus de l’oncogenèse. Comme nous l’explique Nicolas Sevenet, du Service de génétique moléculaire de l’Institut Bergonie- Bordeaux, la difficulté n’est plus tellement liée au séquençage génétique mais à la complexité des connexions entre voies de signalisation, cycle cellulaire et cancer.
Pour écouter son intervention
Bernadette Carcopino et Patricia de Cremoux
Les tests prédictifs : pour quels cancers ? L’essentiel sur les signatures moléculaires

Réponse à une question pas totalement nouvelle … mais toujours plus pressante « est-il nécessaire de faire une chimiothérapie adjuvante, c’est-à-dire après la chirurgie, à toutes les patientes porteuses d’un cancer du sein hormonodépendant ? », Bernadette Carcopino, Gynécologue à Paris, et Patricia de Crémoux, Biologiste à l’Unité d’Oncologie Moléculaire de l’Hôpital Saint Louis, Paris, nous présentent les tests prédictifs qui apportent aujourd’hui une réponse de plus en plus précise et fiable.
Pour écouter leur intervention
Patrick Fenichel
Environnement et cancer du sein : Les perturbateurs endocriniens: de nouveaux facteurs de risque?

En augmentation régulière à travers le monde, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. On compte 1,7 million de nouveaux cas par an, dont plus de 54 000 en France en 2015. Quelles sont les raisons de cette pandémie ? Quelles soient d’origine hormonale, génétique ou environnementale, les causes sont bien évidemment multiples et différentes selon le continent ou le pays. Le professeur Patrick Fénichel, Chef de service d’endocrinologie et médecine de la reproduction au CHU de Nice, nous présente, au travers de nombreuses études réalisées ces dernières années, la mise en évidence de liens entre l'environnement et le développement du cancer du sein, particulièrement le rôle des perturbateurs endocriniens.
Pour écouter son intervention cliquez ici
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